Seminario | Les enjeux de l’Intelligence Artificielle pour l’apprentissage du français
Dal 19.10.2026 al 21.10.2026
Lunedì 19 ottobre 2026, alle ore 8:30 in Aula L di Palazzo Bo (via VIII Febbraio 2) e mercoledì 21 ottobre 2026, alle ore 10:30 in Aula B3 di Ca’ Borin (via del Santo 22) si tiene il Seminario di Ioannis Kanellos (Ancien Professeur à l’IMT Atlantique, France) Les enjeux de l’Intelligence Artificielle pour l’apprentissage du français.
Introduce Michele De Gioia, Professore ordinario di lingua, traduzione e linguistica francese dell’Università di Padova.
La partecipazione è aperta a tutti gli interessati.
***
L’Intelligence Artificielle (IA) semble transformer radicalement nos sociétés et nos pratiques. En particulier, elle semble affecter sérieusement notre rapport aux langues. Entraînés sur des corpus massifs et interculturels, les modèles linguistiques de l’IA se positionnent aujourd’hui comme des outils puissants, capables de déchiffrer avec une précision inédite les nuances qui tissent les liens entre langues et cultures.
Jusqu’où peut aller leur performance en matière linguistique ? Y a-t-il encore de la place ou de l’intérêt pour l’apprentissage d’une langue ? La question est critique. Bien plus, peut-être, pour les étudiants qui étudient une langue et les professeurs qui l’enseignent à tout niveau et pour tout objectif. Doit-on craindre que l’efficacité de ces technologies rende obsolète l’apprentissage d’une nouvelle langue, en particulier du français, qui est pourtant la 5e langue la plus parlée au monde (près de 400 millions de locuteurs aujourd’hui), derrière l’anglais, le mandarin, l’espagnol et l’hindi, mais aussi la 2e langue étrangère la plus apprise, avec 170 millions d'apprenants, et dont on prévoit plus de 700 millions de locuteurs vers la fin du siècle ?
Cette tension et les craintes que génère l’IA dans le domaine des langues méritent d’être explorées en confrontant le vécu linguistique à la performance algorithmique désincarnée hors société et pratique. Apprendre une langue, comme le français, ne se limite pas à la maîtrise d’un lexique et des règles grammaticales ni à la réalisation de traductions. C’est, à la fois, une expérience et l’expression d’une volonté de s’ouvrir à un monde nouveau, étant donné que, pour reprendre L. Wittgenstein, les limites de notre monde sont précisément les limites de notre langue. Connaître une nouvelle langue, c’est être citoyen d’un nouveau monde de sens.
Ainsi, insister pour apprendre une langue comme le français, même à l’ère de l’IA, devient presque une déclaration d’attachement à une qualité humaine : c’est accepter de s’ouvrir délibérément à de nouveaux horizons de sens, c’est expérimenter de nouvelles formes d’humanité, enrichies certes mais non remplacées par la machine. Ce séminaire vise donc à discuter critiquement les dangers que recèle toute réduction d’une langue, encore plus une langue importante comme le français, à un système de correspondances formelles. Il vise aussi à montrer que l’expérience de l’apprentissage d’une langue est, en réalité, l’affinement d’un regard sur le monde, dans la mesure où nous sommes notre langue et, encore plus, nos langues.

